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6 Juillet 2018 : Montagn'(très)Hard

La Montagn'Hard est un ultratrail difficile, c'est sa réputation. Pour la 10ème édition, l'organisateur à voulu marquer le coup. C'est réussi !

[COLOR=#0000b3]Une édition particulière[/COLOR]
Je me suis inscrit dès que j'ai vu que cette année, la Montagn'Hard ne tombait pas en même temps que le Trail de Faverges. Je n'avais pas vu que pour la 10ème édition, le parcours avait été durci. Lorsque j'ai découvert le nouveau parcours et les barrières horaires, j'ai vu tout de suite que ça serait compliqué pour moi. 126 km et 11000 D+ en 39 heures, j'ai immédiatement pensé au Tot Dret de l'an dernier, qui a été une hécatombe, malgré les rallonges de BH mis en place durant la course.
Le pire, c'est qu'une des extensions prévues empruntait des passages encore dangereux à cause de la neige, et des modifications de dernière minute ont porté le parcours définitif à 133 km prévus, et finalement presque 140 réellement. Malgré une petite rallonge d'une heure, les barrières sont très très serrées, et ça sera la course contre la montre tout le long ...

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[COLOR=#0000b3]Ma logistique est bien au point[/COLOR]
Pour cette édition rallongée, le départ n'est pas à 4H00 du matin comme d'habitude, mais à minuit le vendredi soir. j'y vais donc assez tôt pour prendre mon dossard, et tout préparer avant la Pasta Party proposée par le restaurant "Le Coin du Feu". A 20 heures, j'étais donc dans couché dans ma voiture, et j'ai pu dormir un peu avant de partir. Heureusement car ensuite, je n'aurai plus le temps de m'arrêter avant le dimanche soir !

Du coup, je n'ai pas pu voir Jéremy, de DSN74, avant la course, mais on se retrouvera sur le parcours. On peut poser un sac d'allègement pour la base vie de mi-parcours, aux Contamines. J'y mets de quoi me changer complètement, y compris les chaussures. Je pars avec mes Ultra-Raptor, qui permettent de courir, et je prévois de mettre mes Synthesis, de randonnée, pour la seconde partie, ou je pensais plutôt marcher (hé ben nan).


[COLOR=#0000b3]Une première moitié longue mais sans problèmes[/COLOR]
On commence d'entrée de jeu par une très longue montée, jusqu'à l'épaule du Mont Joly, une première fois, pour redescendre jusqu'à Megève, et remonter ensuite via le mont Joux (Col du Christ), avant de descendre vers le 1er ravito aux Plans. Je suis bien et ne force pas trop l'allure pour ne pas me cramer.

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Quelques montées et descentes du côté de Saint Gervais, et un peu avant 7H30, je suis au Prarion (km 35). Dans une montée, j'ai retrouvé Jéremy, normalement bien plus fort que moi, mais qui ne semble pas en très grande forme. Il me confirme qu'il ne s'est pas beaucoup entrainé.
Avec lui et quelques autres, ça sera le traditionnel yoyo jusqu'au Miage : je double dans les montées, ou je suis à l'aise, et ils me doublent dans les descentes, mon cauchemar.

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Autre nouveauté de ce parcours "spécial 10 ans" : après Bionnassay, on redescend jusqu'aux Houches par Bellevue, pour remonter le Mont Lachat avant de rejoindre le Miage par le col de Tricot. Beaucoup y laisseront des plumes : Je retrouve Jéremy au Ravito du Miage, il à l'air bien cuit, comme nous tous ! D'habitude le Miage, c'est encore le début, on est tous en forme. Là, tout le monde est déjà bien entamé... D'ailleurs, ça se voit dans les classements. Aux premiers pointages, sur les 179 partants, je suis plutôt dans les 100. Au Miage, je suis 73ème...

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Derrière, c'est l'interminable montée au refuge de Tré-La-Tête, ou le célèbre Bagnard nous attend avec ses petits futs de bière. Une gorgée qui fait un bien fou ! Puis, la descente assez technique nous amène aux Contamines, ou la base vie est installée au Camping du Pontet.

J'y fait une grosse pause : douche, changement complet, gros repas, et même tentative de dormir un peu, sans succès. On est au km 75, je suis bien physiquement, mais je n'ai pas beaucoup de marge sur les barrières horaires, malgré qu'elles aient été rallongées d'une heure. Je repars à 19H45, la barrière est à 21H00. Juste avant que je parte, Jéremy arrive, les genoux en vrac, et m'annonce qu'il s'arrête là.

[COLOR=#0000b3]La bagarre avec les barrières horaires[/COLOR]
Beaucoup ont abandonné à la base vie ou ont bifurqué sur le 60. J'ai pointé en 72ème position au Pontet, et malgré mon très long arrêt (plus d'une heure et demie), je suis 55ème à la bifurcation. L'idée ne m'a pas effleurée, mais je comprends ceux qui ont mis le clignotant. Déjà plus de 21 heures de course très difficile, et il en reste autant à faire, dans la nuit, en état de fatigue avancée, et avec une bonne chance de ne pas aller au bout !

Mais il faut se concentrer sur l'objectif : progresser le plus vite possible vers cette ligne d'arrivée encore si loin. Pour l'instant, ça monte, donc tout va bien. Je fais un bout de chemin avec un concurrent qui ne semble pas avoir bien pris la mesure de ce qui reste : il me confie qu'il compte arriver vers 9H00 demain matin. Je lui sape le moral (involontairement), en lui donnant mon avis : si on arrive au bout, ce qui est loin d'être gagné, on arrivera dans l'après-midi, peut-être même après les 16H00 fatidiques.

En crapahutant vers ce sommet du mont Joly (deuxième fois), nous croisons un concurrent qui rebrousse chemin, écœuré : au début de la descente vers les Tappes, un bénévole lui à dit qu'il n'avait aucune chance d'aller au bout, que c'était trop tard et trop dur... Je l'enjoins de nous suivre, mais il a perdu la foi, et continue à redescendre vers l'abandon. Cette très très longue descente vers les Tappes est un calvaire, mais je finis par y arriver seul un peu après minuit. Le grupetto que nous avions formé avec les derniers volontaires déterminés à finir avait éclaté, mais nous nous retrouvons à ce ravito qui sert de base vie lors des éditions "normales".

En pleine nuit, je repars vers le Col de la Fenêtre, puis le Ravito du Bolchu. J'ai un gros coup de mou dans la montée de la Fenêtre, ou il fait un froid de canard. finalement j'arrive au Bolchu ou on se retrouve avec Jean-Luc, Olivier, et Patrick. Jusqu'au bout, on se tirera la bourre tous les 4, chacun de nous prenant tour à tour le rôle de "locomotive". Sans jamais nous attendre, je pense que nous avons tous les quatre profité de cet effet de groupe qui nous a permis de vaincre ces barrières horaires, qui auront été fatales à beaucoup.

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Il faut cavaler sans cesse, alors que j'ai aux pieds mes Synthesis (chaussures de rando) car je comptais marcher dans cette deuxième partie ! Le tour du Rocher des Enclaves est interminable, parfois très roulant, mais avec certaines parties ultra techniques dans des pierriers de folie ou l'on progresse à moins de 1 à l'heure...

Après coup, en regardant les temps de passage, je me rends compte que j'ai grignoté des places régulièrement, jusqu'au Col du Joly ou j'ai pointé 38ème. Il faut dire que j'ai beaucoup doublé dans cette dernière montée, qui précédait la dernière barrière horaire : midi au Col. J'y arrive à 10H25. C'est gagné !

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[COLOR=#0000b3]La ténacité paye : je finis et je fais même un podium.[/COLOR]
Je sais maintenant que j'irai au bout, donc je prends du temps avant d'entamer cette dernière portion qui nous ramène à Saint Nicolas. Je mange et bois bien, et je soigne même le pied d'une concurrente qui a de grosses ampoules.

J'essaye à nouveau de dormir car il y a des lits de camps dans une petite baraque près du ravito. Je n'y arrive toujours pas, et je repars donc après une grosse pause, mais toujours zéro sommeil depuis 35 heures de course.

La montée à l'Aiguille Croche et la crête sont une formalité, mais après le Mont Joly (3ème fois), la très longue descente vers saint Nicolas (1300 m D-) est un interminable calvaire : les pistes de ski, même bleues, c'est raide quand on a les pieds et les quadri cramés !

Finalement je passe la ligne à 15:11, et je suis le deuxième Master 3 à terminer. Je suis donc récompensé dans ma catégorie, en finissant dans les derniers ! Ça a des avantages d'être vioc !!

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Nombre de vues : 613 4 commentaire(s)
Guillaume L. - 16/07/2018 09:57:17

Bravo et merci pour le récit !!!

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Eric B. - 17/07/2018 13:21:10

Félicitations à toi ! Pour quelqu'un qui ne voulait plus trop courir, tu te débrouilles encore bien ! ;):D
J'ai un peu les boules d'avoir raté cette édition !
j'espère pouvoir revenir bientôt sur la montagn'hard !

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Frederic B. - 17/07/2018 15:14:09

J en ai déjà bavé sur une edition normale mais la vu la rallonge .....:eek::confused: respect t es une vrai machine de guerre

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raymond B. - 25/07/2018 14:08:59

Bravo
une belle épreuve.
Merci pour le CR

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