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8-13 Juin 2018 : Born To Ride - Pleins Phares

L'an dernier, Chilkoot avait proposé une édition très typée montagne de son événement "Born to Ride", l'enchainement des monts, j'avais adoré . J'y retourne donc cette année, pour une nouvelle version d'une toute autre ambiance : Zéphal Born To Ride "Plein phares".

[COLOR=#0000b3]Tout a l'Ouest.[/COLOR]
La ZBTR 2018 part de l'embarcadère de l'Ile de bréhat, près de Paimpol, pour se terminer en Espagne, à San Sebastian. Toujours en autonomie complète et parcours libre, la seule règle est de passer dans les temps par les 4 CP, qui sont 4 phares le long des côtes :


  • CP1 : Phare de Saint-Mathieu près de Brest
  • CP2 : Phare de Port-Navalo dans le Golfe du Morbihan
  • CP3 : Phare du Grouin du Cou à La Tranche-sur-Mer en Vendée
  • CP4 : Phare du Cap Ferret en face d'Arcachon

Le départ est donné le Vendredi 8 Juin à 22H00, à la pointe de l'Arcouest, et il faut arriver au Faro de Igueldo en Espagne avant le mercredi 13 juin à 12H00.

[COLOR=#0000b3]Logistique simplifiée à l'aller grâce à Bernard[/COLOR]
Une des difficultés de ces raids réside dans l'organisation à mettre en place pour se rendre au départ, puis pour revenir après l'arrivée. J'ai eu la chance de faire la connaissance de Bernard, un annécien passionné de vélo, qui ne participe pas, mais veux suivre l'épreuve du début à la fin. Il m'amène donc au départ avec son Trafic. Nous prenons 2 jours pour nous rendre la-haut, avec une pause sympa dans un gîte à Loches. Arrivés tôt le Jeudi, nous voyons arriver tout le monde, et le soir nous nous retrouvons une bonne bande de BTRiens à Paimpol pour un apéro, puis un repas en commun.

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J'ai pris un hôtel près du départ pour passer une dernière bonne nuit avant le départ car après, je n'aurai plus trop l'occasion de dormir avant l'arrivée.

[COLOR=#0000b3]Vendredi 8 : Traversée express de la Bretagne[/COLOR]
Le départ s'effectue en 3 vagues cette année : on est près de 250 (moins de 150 l'an dernier): 22H00, 22H15 et 22H30. Je suis dans la deuxième. Il fait encore jour car on est haut et très à l'ouest.

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Ça part très vite : on est frais, impatients, excités et on roule en pelotons, sur des routes impeccables et pratiquement sans voitures. Le premier CP est à 160 km, et j'avais prévu d'y être assez tôt le matin, mais après le lever du jour. J'y arriverai en fait de nuit, avant 4H30.

Je ne me suis arrêté que 2 fois sur cette traversée. Mon premier pied à terre, c'est à Landerneau après près de 120 km, pour une pause WC vers 2H00 du matin. J'en ai profité pour manger une partie du sandwich que j'avais pris soin d'acheter avant le départ en prévision de cette longue nuit de roulage non-stop.
Le deuxième arrêt est bien involontaire. Dans la Traversée de Brest, en pleine nuit, je vois 3 concurrents sur le trottoir, dont un visiblement assez méchamment blessé. C'est Dan, un joyeux drille avec qui on avait partagé les apéros et repas du jeudi soir et du vendredi midi. Je m'arrête donc pour l'aider, avec les 2 autres concurrents, à se soigner et remettre son vélo en fonction. Je suis une bille en mécanique, donc je n suis pas d'un grand secours, mais finalement, nous arrivons à redresser un peu son dérailleur, pour qu'il puisse pédaler jusqu'au CP1. Je l'accompagne un moment, en attendant qu'il retrouve un peu de sérénité, puis je repars vers le phare de Saint-Mathieu. Dan m'y rejoindra avant que je reparte, alors que je terminais mon sandwich...
Pour l'anecdote, Dan trouvera un bouclard pour réparer son vélo à son retour su Brest, et il ira au bout de cette BTR qui avait si mal commencé pour lui !

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[COLOR=#0000b3]Samedi 9 : Deuxième CP dans la foulée.[/COLOR]
Pas de pause donc au CP1, j'embraye directement la deuxième étape qui nous mène à Arzon, via Chateaulin, Bannalec, Quimperlé, pour aller prendre le bac à Locmariaquer avant 18H00, sinon il faut faire le tour du Golfe du Morbihan pour rejoindre le phare de Port Navalo !
Le premier arrêt sera dans une boulangerie juste après le lever du jour, à la sortie de Brest. J'y retrouve quelques autres concurrents, dont Thierry avec qui j'avais beaucoup roulé l'an dernier. Juste après, un premier gros orage éclate. Je m'abrite dans un WC public pendant la première grosse radée. Mais j'en essuierai plusieurs autres ensuite.

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Ma grosse pause sera à Bannalec pour un bon plat de pâtes dans un resto. En fin de journée, je dois tout donner pour arriver pile à Locmariaquer pour le bac de 18 Heures. Après la traversée, je retrouve Bernard au CP2, et j'y fait une grosse pause : resto et un heure et demi de sommeil, pour repartir en bonne forme à plus de 23H00. J'ai fait moins de 400 bornes, il en reste le double !

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[COLOR=#0000b3]Dimanche 10 : Je quitte la Bretagne pour la Vendée[/COLOR]
Il y avait 2 options pour rejoindre le CP3 : passer le pont de St Nazaire et suivre la côte, ou suivre la trace proposée par Chilkoot, qui passe par Nantes.
J'ai hésité, et finalement j'ai choisi de suivre la trace proposée par Luc. Je l'avais suivie l'an dernier, et ça m'avait paru parfait. La météo maussade a dû jouer également dans mon choix. J'en ai discuté ensuite avec ceux qui ont pris l'option St Nazaire : leur choix était meilleur.

Pour autant, je n'ai pas traversé Nantes et ses banlieues, en coupant par un bac qui travers la Loire entre Couëron et Le Pellerin, pour retrouver la trace un peu avant Aizenai. Entre temps, je me suis arrêté pour dormir à Pontchâteau, dans une cabane de chantier d'un centre technique, envahie par les herbes, mais qui m'offrait un bel abri pour bivouaquer.

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Après quelques arrêts boulangeries et épicerie, et quelques bonnes averses ou j'essaye de m'abriter, j'arrive finalement à La Tranche sur mer , CP3. Il est 18h00, et j'ai roulé 250 km depuis hier soir. Après une petite pause et je reprends la route pour aller dormir le plus près possible de Royan pour le bac demain matin.

J'arrive à La Rochelle en même temps que la nuit, et je me pause dans un resto sur le vieux port pour un bon repas, dans le but de rouler encore un bon moment. Je me trompe de sens et revient en arrière en voulant partir. Je retraverse donc La Rochelle, dans les deux sens, avant d'en sortir pour enfin partir vers le sud. Après quelques kilomètres, de gros éclairs illuminent le ciel devant moi. Je crains de me faire prendre par l'orage en pleine cambrousse, donc lorsque je passe devant un bel abri en dur devant une voie ferrée, je m'y arrête pour bivouaquer. Il est un peu plus de minuit.

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[COLOR=#0000b3]Lundi 11 : Direction Cap Ferret[/COLOR]
Lorsque je repars un peu avant 6h00, le temps est gris, il pleut un peu. La pluie s'intensifie, puis se calme en fin de matinée, lorsque j'arrive vers Royan. Je prends une gamelle sans trop de gravité dans les petites rues. Vers 11 heures, j'embarque sur le bac pour traverser la Gironde, avec d'autres concurrents. Y'a plein de vélos BTR sur le bateau !

Après la traversée, Cap plein sud vers le bassin d'Arcachon. La trace quitte la route principale pour longer le bord de mer à Montalivet. Je m'y arrête dans un restaurant, ou je trouve 2 autres BTRiens, Corentin et Philippe. Je mange avec eux, et nous repartons tous les 3. C'est mieux de rouler à plusieurs.
Nous perdons un peu de temps sur des pistes cyclables pas très roulantes du côté de Lacanau Ocean, et nous décidons de retourner sur la grande route vers Le Porge, pour filer au Cap Ferret : le dernier bac pour rejoindre Arcachon est à 18H30 !
Après une course folle, nous pointons à plus de 18H00 au Phare du Cap Ferret (CP4), et nous arrivons finalement juste à temps pour prendre le dernier bac. Ouf ! nous voilà à Arcachon, pour la dernière portion de ce périple, qui nous amènera à San Sebastian.

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[COLOR=#0000b3]Mardi 12 : Les joies et les malheurs qui font que les ultras sont irremplaçables.[/COLOR]
La traversée des Landes est censée être la fin de l'épopée. J'ai une grosse avance sur les délais maxi, et avec mes 2 nouveaux compagnons de route, je suis serein. Après un bon repas dans un resto italien, la nuit tombe dès que nous sortons d'Arcachon.

Philippe à prévu de dormir chez une cousine qui habite à Mimizan, et nous propose d'y aller également. Je suis habituellement un peu réfractaire à l'idée d'hôtel ou d'hébergement "en dur", que je juge contraire à l'esprit "raid non-stop", mais là, je me laisse tenter. Après 3 jours à se faire rincer, on est moins stricts sur les principes ... Va donc pour Mimizan.

Mais le premier pépin survient à Biscarosse, lorsque Philippe s'aperçoit qu'il a un rayon cassé, et sa roue coince dur. Appel à Luc, qui nous conseille de faire réparer, mais il faut attendre le lendemain. Philippe appelle ses parents qui l'attendent chez sa cousine. Ils viennent le récupérer, et avec Corentin, nous roulons jusqu'à Mimizan, ou on arrivons vers 2H00 du matin. Après une bonne douche, nous dormons dans un vrai lit pendant au moins 3 heures, une grosse nuit pour une BTR ! Puis, super petit déjeuner avant de repartir, merci mille fois cousine de Philippe !

Corentin et moi reprenons la route à 6H00, alors que Philippe doit attendre que le bouclard de Biscarosse ouvre pour réparer sa roue. Un peu tristes pour lui, nous roulons vers l'arrivée sur des pistes cyclables agréables, dans une météo pas trop méchante en ce début de journée. Nous traversons tous les villages ou nous avions l'habitude de passer nos vacances avec Mylène il y a ... plus de 35 ans en arrière : Lit-et-Mixe, St Girons, Moliets, Vieux Boucau... plein de souvenirs !

Mais plus on avance, plus la pluie et le vent se renforcent. Nous arrivons à Bayonne sous la tempête. Et là commence la séquence "cauchemar". Crevaison à l'arrière, je pose ma roue pour réparer et paf, le dérailleur tombe : patte de dérailleur cassée ! Je ne comprends pas comment c'est possible, mais mon bouclard, que j'ai eu au téléphone, me donne l'explication :! "il y a dû y avoir un choc auparavant". effectivement, lors d'un arrêt boulangerie à Moliets, mon vélo est tombé lourdement sur le côté, mais nous n'avons rien vu. C'est à ce moment-là que la patte s'est fendue, et ne tenait que parce-que la roue était serrée. Dès que j'ai déposé la roue, c'était cuit !

Corentin à un dérive-chaine, nous enlevons le dérailleur et montons la chaine en "single-speed", mais la chaine "monte" systématiquement sur le pignon supérieur, et au bout de quelques coups de pédale, la chaine casse. Les éléments sont déchainés (comme mon vélo, hihihi...), nous sommes trempés et gelés, et il est midi, les magasins sont fermés. Un restaurant Libanais et est juste là, nous y entrons pour nous refaire une santé, et essayer de trouver une solution. Après un gros repas et plein d'appels téléphonique, il semble que le magasin qui pourra le mieux m'aider à Bayonne est le "Culture Vélo". Après le resto, nous nous séparons : Corentin part seul vers l'arrivée, et je cherche le "Culture Vélo" pour me faire dépanner. Il tombe des hallebardes, je cherche le magasin, avec mon vélo sans chaine, dans une ville que je ne connais pas, dans ce déluge. mon pire souvenir de cycliste.

Finalement, le mécano sympa, qui a tout lâché pour me dépanner, n'a pas pu faire mieux que ce que nous avions tenté : virer le dérailleur et mettre la chaine en direct. Même résultat : la chaine monte sur le pignon suivant et est hyper-tendue. Je repars donc en pédalant très très doucement pour éviter la casse. Malgré la tempête, j'arrive à avancer doucement vers l'arrivée et j'essaye d'y croire, malgré la sensation désagréable de chaine en tension maximum. Je sors de Bayonne, traverse Biarritz, Bidard, Guétary, je me rapproche de l'arrivée.

Mais dans la montée qui m'amène à St-Jean de Luz, crac ! chaine cassée à nouveau. Je suis dégouté. Je n'ai même pas de dérive-chaine pour tenter une nouvelle fois de réparer, pas de bouclard en vue, je suis trempé, fatigué et découragé. A midi nous étions à Bayonne, il nous restait une soixantaine de kilomètres. Je pensait arriver tôt dans l'après-midi, et finalement, à 19H00, je suis planté à 40 bornes de l'arrivée avec mon vélo cassé !

Nouveau coup de fil à Luc à qui je propose de finir en poussant le vélo dans les côtes et me laissant glisser dans les descentes. Il me convainc de ne pas prendre de risques, avec la tempête qui sévit, et que je peux me faire assister par Bernard, qui finalement sera mon "Saint-Bernard" ! ;)

[COLOR=#0000b3]Fin de l'aventure et retour sur terre :[/COLOR]
Je finis donc les derniers kilomètres en fourgon, après avoir pédalé 1150 km ! Ça me plombe le moral, et ça gâche mon plaisir de retrouver tous les autres qui eux, sont arrivés sur leurs vélos ! Luc me tamponne quand-même mon passeport comme si j'avais fini, mais dans ma tête, ces quelques kilomètres "volés" passent mal. :mad:

Mais je profite de la soirée et du lendemain, avec l'arrivée des autres concurrents, au bar de l’hôtel qui sert de QG ...
J'ai pris un Hôtel à côté, et je dois rentrer par mes propres moyens car Bernard ne peut pas me ramener.

La grève SNCF complique les choses, et je dois donc prendre un train basque pour Hendaye, puis un TGV pour Bordeaux, ou j'ai loué une voiture. J'arrive chez moi à 6H00 du matin. J'ai besoin de repos ...

Nombre de vues : 782 4 commentaire(s)
Eric B. - 09/07/2018 22:41:27

Quelle aventure !
Magnifique !

Et le vélo, tu as pu faire réparer ?

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Frederic B. - 10/07/2018 18:16:40

La ballade est aussi longue que le CR :D

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Dominique G. - 10/07/2018 21:05:21

Oui Eric, vélo réparé, mais pas encore repris les sorties vélo car depuis, j'ai fait le triathlon Off avec les Ufos. Puis il y a eu le Trail de Faverges ou j'étais dans l'orga. Et ce week-end, la Montagn'Hard (très très Hard cette année :)).


Fred, on ne se refait pas : à chaque CR, je me dis : "cette fois je fais court et succin", et quand c'est parti, je ne m'arrête plus !:p

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Eric B. - 11/07/2018 13:24:48

Hou là là !! Mais quel programme Dom !!!!!!!!!!!! Comment fais-tu ? :eek::eek:

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