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CR du Forest Trail, le second bain de boue chronométré de l’année…

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Samedi soir avait lieu la 3ième édition du Forest trail dans la forêt de Bouconne, mon principal terrain d’entrainement. La première édition avait affiché complet au bout de quelques semaines, idem pour la seconde, et malgré l’ajout d’une nouvelle épreuve cette année, le constat est toujours le même : un franc succès, à croire que pour les prochaines éditions, il y aura un tirage au sort (type UTMB) pour les élus, tellement l’engouement est populaire. Lorsque l’on arrive sur les lieux de l’épreuve, où s’était rassemblé plus de 1300 traileurs cette année, cette course a vraiment un petit air de « mini » Saintélyon, j’y ai retrouvé la même excitation, les mêmes préparations, et cette inconnue majeure qui est de courir la nuit.
Chaque année, l’organisation franchie un cap en terme de logistique et d’accueil des coureurs, cette année, la tente d’accueil pouvait accueillir beaucoup plus de monde, il faut dire qu’avec les -8°C de l’an dernier, on avait touché les conditions extrêmes…c’est ce qu’on croyait. Une fois mon dossard récupéré, je retourne me préparer à mon véhicule, et là c’est le premier couac de la soirée, il y a un énorme bouchon avec pas mal de coureurs qui vont prendre le départ d’ici peu, et ça commence à s’impatienter, je pense que si dans les années futures cette course continue à grossir d’une manière exponentielle comme c’est le cas, il faudra veiller à trouver un parking pouvant contenir l’ensemble des participants.
Il est 18h30, le départ est dans 45mn, il me reste un peu de temps pour m’échauffer, car ce n’est pas les -8°C de l’année passée mais ça piquotte. J’en profite pour revenir dans la tente avec sa chaleur accueillante pour retrouver mes 2 collègues de boulot qui se sont également lancés dans l’aventure et comme à leur habitude un peu la fleur au fusil. Bruno me dit que ça femme, voudrait essayer d’accrocher les 2h et c’est également mon objectif mais une chose est sure on ne connaissait pas du tout l’état du parcours. On écoute les dernière consignes de sécurités et tout le monde se regroupe sous l’arche de départ, allume ça frontale, un fumigène jaillit de derrière, et le départ est lancé, juste magique !!!


Comme tous les départs de n’importe quelle courses, c’est nerveux, ça se bouscule, je dis à Cendrine de pas s’éloigner que l’on va forcer l’allure sur les 2-3 premiers kilomètres jusqu’à la première bosse pour ne pas se retrouver dans les bouchons (j’avais bonne mémoire de l’édition précédente). On attaque la côte non loin de la tour du télégraphe, et surtout on commence à comprendre dans qu’elle galère on s’est élancé, car il y a déjà 5 bon centimètres de boue sur le sentier mais ça c’est « l’apéro ». En haut de la côte, plus de Cendrine, j’aurais été un piètre meneur d’allures, je l’ai perdu, j’ai beau essayé de l’appeler personne ne répond. Cette première côte va en faire souffrir plus d’un, un petit ruisseau c’est formé au milieu et à cet endroit la boue a doublée. En haut, on est clairement exposé au vent qui souffle par rafales, de mon côté je me suis bien couvert, même un peu trop.
Au détour d’une maison on tourne sur la droite et les premières parties techniques, les premiers bouchons, pour ma part on était pas nombreux du coup l’attente est assez rapide, j’en profite pour boire une gorgée ou deux, et voilà que se présente une première corde pour remonter un pan boueux qui s’est transformé en véritable toboggan, on passe ou on peu…La suite de la descente vers le premier village n’est qu’une succession de relances à travers arbres et virage, j’y prends pas mal de plaisir. Puis vient une longue descente sur un sentier herbeux ou le moindre faux pas entraine la chute, après 500m on retrouve le goudron, et comme sur la Saintélyon c’est un bon moment de répit, on traverse Lévignac par la halle, ou pas mal de monde nous encourage et ça fait toujours plaisir. A la sortie du village, je sais que mon président de mon club de vélo, est bénévole, j’y fonce dessus, il en est pour une bonne frayeur, sachant qu’avec la frontale dans les yeux il ne m’a pas vu venir. On va longer la Save, qui a débordée 15j plus tôt, donc je vous laisse imaginer les berges. Je suis derrière la première féminine car je pense que l’on n’est pas trop mal placé. Au niveau d’une butte, il y a 3 bénévoles qui nous disent de faire attention car il faut sauter un fossé bien remplit, un coureur y a laissé une chaussure, intérieurement ça me fait rire, mais je prie pour ne pas vivre la même situation.
On remonte vers Menville par la route, il faut profiter du moindre de ces moments pour récupérer car je sais que la suite, c’est « LE » gros morceau de la course. Avant le départ, j’avais discuté avec l’organisateur qui m’avait fait part d’une anecdote, le propriétaire du sentier lui avait dit que le ruisseau que l’on allait suivre n’avait coulé depuis 30 ans, or lors de notre monté, il y a 50cm d’eau que l’on va devoir enjamber une dizaine de fois, le gars devant moi glissa plusieurs fois et se retrouva plongé dans la flotte, au moins ça m’a permis de prendre un chemin différent et de sauver mes chaussures encore pour un petit laps de temps. C’est vraiment la partie technique du parcours, et en plus de ça, il faut s’accrocher à toutes les branches pour monter.

Sortie du bois, on se retrouve encore à 4 coureurs, avec notamment encore et toujours la première féminine qui a fait une sacré monté, à l’aide de ce petit groupe on va garder une vitesse de croisière qui va nous permettre de nous extirper du Bois de Carayon et surtout d’arriver au point culminant du parcours.
A cet instant là tout le monde se regarde, et l’on a une sacré descente d’au moins 2-3 kilomètres en face de nous, j’en profite pour me faire plaisir, pour une fois que les jambes sont là, je lâche tout le monde et je fais le job, le sol est stable et ça c’est vraiment du grand luxe, je connais la suite, et ça ne va pas être simple, on re traverse la route de Menville, pour aller sur les berges de la Save, mais comparé au passage d’avant, il n’y a pas d’herbe, ce n’est que sédiments, boue, et flotte, les chaussures collent comme jamais, ça va être mon pire moment de la course car en plus de cela je suis seul, personne pour me trainer, ou tout simplement suivre la foulée, cette portion est un vrai calvaire, le seul moment qui me fait savourer l’instant, c’est lorsque je tourne la tête sur la droite et que je vois ces dizaines de lumières dévaler la pente, on serait sur ultra, j’en aurait profité pour prendre une photo, mais je pense encore que je suis pas trop mal classé.
J’aperçois enfin les lumières de Montaigut sur Save, ce qui veut dire que l’on va passer sur du bitume, et à cet instant présent j’apprécie. Il y a quelques personnes qui nous encouragent, encore une fois ça fait plaisir, ça peut paraitre rien, mais je fais toujours un signe de la main pour remercier ces gens-là. Connaissant le parcours, je sais que c’est le dernier gros morceau, l’an dernier, c’est le passage ou j’avais calé, cette année, je réduis la foulée, mais il me semble que le parcours à changer, on ne continue pas sur la route, mais on tourne sur la gauche, ou l’on va longer un bois, encore dans des conditions 5 étoiles, boue, eau… A ce moment-là on est vraiment étiré, un coureur est au moins à 200m de moi et idem derrière. L’eau coule tellement fort dans le ruisseau que cela donne l’impression d’être en montagne sous une toile de tente, avec ces bruits si significatifs. A cet instant-là, je vais avoir droit à mon moment, il y a ce fameux ruisseau à traverser, environ 3 mètres, je m’accroche à une branche pour descendre sur le bord et sauter, mais à ce moment-là, la branche pète, et je me retrouve les deux pieds dans la flotte, de l’eau jusqu’aux genoux, et en plus de ça j’ai manqué de m’assommer avec la branche qui m’est retombée sur la tête …la honte, heureusement je suis tout seul, et je repars.
Ca sent la fin, il ne reste plus que 3 kilomètres, on se retrouve avec un coureur, et on se motive mutuellement pour aller au bout en gardant un bon rythme. Après avoir passé pas mal de passages débroussaillés sous les ronces qui font vraiment de ce trail une épreuve sauvage. On se retrouve à la sortie du bois sur l’IGG (Itinéraire Grand Gabarit, pour les non-initiés, c’est là que les convois d’Airbus passent), un dernier coup de collier et l’on re rentre dans bouconne, pour rallier l’arriver, il doit rester 1.5km !
Ces derniers 1.5km, ne vont pas être du trail, mais tout simplement de l’aqua running, j’ai changé de compagnon, car mon précédent a craqué dans la partie goudronnée. Ce sentier d’habitude si naturel, est gorgé d’eau, mais pire que cela, toutes les flaques sont trompeuses, étant trempes, on ne cherche plus du tout à passer à côté, mais on va droit devant, le malheur pour nous, c’est qu’elles font toutes 30cm de profondeur, mon copilote perd sa chaussure, je lui demande si ça va, il me répond que tout est ok, alors je continu, j’aperçois les lumières de l’arrivé, je dépasse 2 coureurs, et franchis la ligne sous le chapiteau.

Je fini cette épreuve en 2h16 à la 48e place sur 520 partants mais seulement 407 arrivés, et 37e Senior. Il est clair que je suis ultra satisfait, cette course faisant partie de ma préparation pour le marathon des sables, pour l’instant tout se déroule comme le plan de guère… prochain rendez-vous dans 15j sur le 50km du TTN au Gruissan Phoebus Trail.

Nombre de vues : 408 6 commentaire(s)
Christelle P. - 07/02/2013 10:46:53

Beau et complet CR !! Bon courage pour le Phoebus...normalement pas de boue là-bas !

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Bertrand L. - 07/02/2013 11:04:38

je l'espère christelle

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Christelle P. - 07/02/2013 12:15:15

Par contre si c'est humide, les pierres sont glissantes, alors prudence !!!

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Mathieu r. - 07/02/2013 15:43:08

oui beau CR

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Arnaud P. - 07/02/2013 16:09:52

Super CR, merci
Bonne chance pour le Phoebus !!!

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fabrice v. - 07/02/2013 17:19:52

Super CR, je crois qu'en ce moment nous avons pratiquement tous les mêmes conditions !!!!
Heureusement pas de boue sur les trails blancs pour l'instant !

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